Derrière les symboles

Les siècles passent, les frontières évoluent, les générations se succèdent. Pourtant, certaines traces demeurent.

L'Arménie a connu les drames, les ruptures et les renaissances. Mais à travers les épreuves, un peuple a continué de transmettre sa langue, sa foi, ses traditions et les symboles qui racontent son histoire.

Ces symboles se comptent par milliers. Gravés dans la pierre, inscrits dans les écritures ou présents dans les gestes du quotidien, ils sont les témoins silencieux d'une mémoire collective.

IAN HERITAGE a choisi d'en faire découvrir quelques-uns, non pour regarder uniquement vers le passé, mais pour rappeler que ce qui traverse le temps peut aussi trouver sa place dans le présent.

Le symbole de l'abondance

Présente depuis l'Antiquité dans la culture arménienne, la grenade, appelée NOUR, symbolise la vie, la fécondité et l'abondance.

Dans la tradition de l'Église apostolique arménienne, elle évoque également la Résurrection du Christ et l'unité des fidèles.

Après le génocide de 1915, elle a aussi été associée, dans certaines représentations, à la mémoire, à l'exil et à la dispersion du peuple arménien.

L'alphabet des siècles

Créé vers 405 par Mesrop Machtots, avec le soutien du roi Vramshapouh et du catholicos Sahak Partev, l'alphabet arménien comptait à l'origine 36 lettres, conçues pour retranscrire les sons de la langue arménienne.

Sa création a permis la traduction de la Bible en arménien et favorisé l'essor d'une littérature religieuse, historique et philosophique.

Enrichi de deux lettres au Moyen Âge, portant son nombre à 38, cet alphabet demeure utilisé plus de 1 600 ans après sa création, en Arménie comme au sein de la diaspora.

Un symbole, une éternité

L'Arevakhach, littéralement « croix solaire », est un symbole ancestral arménien associé au soleil, au mouvement perpétuel et à la vie éternelle.

Présent depuis des siècles dans l'architecture arménienne, il est notamment gravé sur les khatchkars, des stèles de pierre ornées d'une croix, servant de monuments religieux et commémoratifs.

En 2010, l'art, le symbolisme et le savoir-faire des khatchkars ont été inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO.

L'art de la mémoire

Le khatchkar, littéralement « pierre à croix » en arménien, est une stèle sculptée dont les premières formes apparaissent au IXe siècle.

Orné d'une croix centrale entourée de motifs géométriques et végétaux, il occupe une place importante dans la tradition chrétienne arménienne. Érigé notamment en mémoire des défunts, pour commémorer des événements ou comme expression de foi, chaque khatchkar témoigne du savoir-faire des artisans qui l'ont façonné.

En 2010, l'art, le symbolisme et le savoir-faire des khatchkars ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO.

Nos racines au sommet

Culminant à 5 137 mètres, le mont Ararat est un massif volcanique composé de deux sommets, le Grand Ararat et le Petit Ararat. Situé aujourd'hui dans l'est de la Turquie, il occupe une place centrale dans l'histoire et la culture arméniennes.

Traditionnellement associé au récit biblique de l'arche de Noé, il domine depuis des siècles l'horizon de la plaine d'Ararat, où se trouve notamment Erevan.

Bien qu'il se situe hors des frontières actuelles de l'Arménie, sa silhouette demeure l'un des symboles les plus reconnaissables du pays, présent dans les arts, la littérature et les représentations nationales.